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Au revoir l'UE, bonjour la Chine !

Bryan Michael Galvan  ·  2016-08-29  ·   Source: Beijing Information
Mots-clés: Brexit; G20

La Chine peut-elle venir en aide au Royaume-Uni alors que ce dernier tente d'évaluer les conséquences du Brexit ? 

Le Royaume-Uni connaît la pire crise d'identité depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon certains panélistes échangeant sur les répercussions du vote britannique de quitter l'Union européenne.  

Quel rôle jouera la Chine dans les efforts du Royaume-Uni pour retrouver une identité, suite à ce référendum historique ? 

Le sommet 2016 du G20 à Hangzhou se profilant à l'horizon, des experts se sont réunis à Beijing le 11 août pour parler de l'avenir du Royaume-Uni, de l'Europe et de leurs relations avec la Chine. Lors de la réunion, Jiang Shixue, directeur adjoint de l'Institut d'études européennes à l'Académie chinoise des Sciences sociales, a déclaré que la Chine espère que les relations bilatérales qu'elle a avec le Royaume-Uni continueront d'aller de l'avant malgré le Brexit. M. Jiang est persuadé que la Chine veut s'intégrer dans le processus de mondialisation et aller là où se trouve le profit. Il a insisté sur le fait que le Royaume-Uni demeure une destination appréciée pour les investissements chinois. Néanmoins, le Brexit a, d'une certaine manière, terni l'image du Royaume-Uni, étant donné que ses liens économiques avec l'Europe continentale étaient l'un de ses principaux atouts. « Le Royaume-Uni ne sera plus aussi attractif qu'auparavant », a déclaré M. Jiang. « Mais dans l'ensemble, le Royaume-Uni demeure le meilleur endroit pour les investissements chinois, étant donné ses très bonnes capacités manufacturières, ses infrastructures, son système juridique et son système financier qui est l'un des meilleurs au monde. La Chine est prête à lui venir en aide si son économie est en difficulté ». 

Et l'économie britannique est en effet en difficulté suite au Brexit et à la décision de la Banque d'Angleterre ce mois-ci de réduire les taux d'intérêt, provoquant une forte récession de la livre sterling. La monnaie a chuté de 1,4 à 1,30 dollar au moment où cet article a été écrit. D'autre part, le Bureau des statistiques nationales du Royaume-Uni a déclaré le 16 août que le prix d'importation des métaux, du pétrole, de la nourriture et autres produits a augmenté de 6,5 % en un an en juillet, évolution la plus rapide de ces cinq dernières années, ce qui accentue les craintes de l'inflation. Cependant, Jörg Wuttke, président de la Chambre de commerce de l'UE en Chine, doute que la Chine ne puisse offrir une quelconque assistance au Royaume-Uni sur le court terme. « Je ne crois pas que les actions de la Chine vont accélérer les choses, particulièrement parce que [le Royaume-Uni] doit complètement changer sa manière d'aborder les choses. L'ambassade de Chine en Grande-Bretagne vantait Londres et le Royaume-Uni comme le point d'entrée dans l'UE, ce qui n'est plus le cas. » 

Les attentes du G20 

Le Brexit sera, à coup sûr, un sujet vivement discuté durant le sommet du G20, surtout compte tenu de la fragilité de l'économie mondiale et de ses faibles perspectives de reprise. Clare Pearson, présidente de la Chambre de commerce britannique en Chine, s'est néanmoins montrée optimiste quant au sommet du G20, faisant valoir que l'économie mondiale en bénéficiera grandement. Dans une interview exclusive avec Beijing Information, Mme Pearson a déclaré que l'événement à venir serait le bon forum, au bon moment et au bon endroit, car il rassemble des pays dont les préoccupations sont très diverses mais dont certains problèmes sont également communs. 

Alors que le monde est déstabilisé par le marasme de la reprise économique huit ans après la crise financière mondiale de 2008, certains pays doivent faire face à des obstacles tels que le terrorisme, le changement climatique ou encore à des questions liées au développement dans des endroits controversés comme le Moyen-Orient ou l'Afrique. Selon Mme Pearson, plus d'éléments unissent ces 20 pays que ne les séparent. « Je pense que le G20 va stimuler l'économie mondiale en créant des relations bilatérales dont la croissance économique dépend. C'est donc le bon forum, au bon moment ; vous savez que nous venons de vivre le Brexit au Royaume-Uni, un gouvernement qui est confiant en la Chine, et je pense que c'est le bon moment pour les gens de réévaluer leurs relations bilatérales avec les pays du monde », a-t-elle ajouté. 

Le G20, qui représente dans son ensemble 85 % du produit intérieur brut mondial et 80 % du commerce mondial, a été conçu pour être une plate-forme de résolution des problèmes dépassant les responsabilités d'un seul et même pays. Mme Pearson a ajouté que, plutôt que de considérer les questions du point de vue d'un seul et unique pays, « la conférence ouvre l'esprit à une vision d'ensemble. C'est ce que, je crois, devraient faire nos politiciens ; se montrer moins centrés sur eux-mêmes et accorder plus de considération aux autres, pour les retombées de leur politique interne sur la scène internationale ». 

Un Accord de libre-échange?  

Après le Brexit, le chancelier du Trésor public, Phillip Hammond, a entamé des discussions pour un accord de libre-échange (ALE) avec la Chine. Le chancelier a déclaré à la BBC le 24 juillet que c'était le bon moment pour explorer de « nouvelles opportunités » avec la Chine et le reste du monde. La Chine est l'un des plus importants partenaires commerciaux du Royaume-Uni, puisque qu'il s'agit de son sixième principal partenaire en matière d'exportations et son deuxième en matière d'importations, après l'Allemagne. M. Hammond a déclaré que le Royaume-Uni devrait s'arranger pour que l'impact du Brexit sur l'économie à court terme soit minimisé et que son bénéfice à long terme soit maximisé. « Nous avons considérablement augmenté nos échanges commerciaux avec la Chine, tant par des investissements d'entreprises britanniques en Chine que par des entités chinoises au Royaume-Uni », a déclaré le chancelier lors de la réunion des ministres des Finances du G20, qui s'est tenue à Chengdu, en Chine. « Une fois que nous serons sortis de l'Union européenne, je n'ai aucun doute sur le fait que, tant l'un que l'autre, nous voudrons consolider cette relation par une structure bilatérale plus forte qui nous conviendrait. » 

Un accord de libre-échange entre la Chine et le Royaume-Uni pourrait se chiffrer en plusieurs milliards de livres sterling, et un grand nombre de marchés commerciaux et de secteurs financiers y prendraient part. Mme Pearson a confié à Beijing Information que ce qu'elle attend d'un potentiel accord de libre-échange serait une plus grande facilité d'accès au marché chinois pour des services comme les assurances, la banque, le droit et les services professionnels. En retour, elle espère une plus grande facilité d'accès pour les produits manufacturés chinois au Royaume-Uni et plus d'investissements dans l'infrastructure. Mais en dehors de ces domaines, que peuvent s'offrir les deux parties en termes d'échanges socio-économiques ? 

« Je pense que le Royaume-Uni, étant ouvert à l'international depuis des siècles, peut aider les banques chinoises à avoir une approche de cette vision à échelle mondiale », a-t-elle ajouté. « En échange, les banques chinoises peuvent aider le système britannique à appréhender le marché chinois, compétence dont il manque cruellement. La manière dont les gens aiment investir en Chine est complètement différente de celle qu'ils aiment utiliser au Royaume-Uni. » 

Par exemple, selon un rapport du Rosen Consulting Group et de l'Asia Society en mai, entre 2010 et 2015, les acheteurs chinois ont investi plus de 300 milliards de dollars sur le marché de l'immobilier américain. 

Alors que la Chine cherche à faire passer son économie des industries manufacturières traditionnelles à des investissements orientés vers la consommation et l'innovation, un accord de libre-échange avec le Royaume-Uni pourrait également être une aubaine pour les industries de création. « A l'avenir, nous créerons des marques non seulement pour les consommateurs européens et américains, mais aussi pour les consommateurs chinois », a déclaré Mme Pearson, qui a affirmé que le marché de la consommation chinoise deviendra probablement le plus grand. Néanmoins, M. Wuttke a précisé que de parvenir à un tel accord ne serait pas simple. « La Chine voudra-t-elle vraiment renforcer ses liens avec le Royaume-Uni alors que le contexte fait que tout n'est qu'incertitude? » Avec, en plus, les préoccupations quant à l'instabilité, le Royaume-Uni devrait également revoir ses leviers d'action avant de s'engager dans ce genre de discussions avec d'autres pays. 

« Quel est leur pouvoir de négociation contre la deuxième économie du monde en termes de PIB réel? Que pouvez-vous donner, autre que votre bonne volonté ? » M. Wuttke s'est montré sceptique concernant les perspectives d'un ALE au Royaume-Uni, expliquant qu' « obtenir quelque chose de sensé hors de Chine de nos jours est très, très difficile. La Grande-Bretagne doit tout d'abord prendre ses marques sur le continent ». 

Devenir une demoiselle d'honneur 

Quelles que soient les relations futures entre les deux pays, il est fort probable qu'opportunités et pertes continuent de se faire ressentir dans les entreprises en Chine et au Royaume-Uni. Mais l'environnement  commercial chinois est semé d'embûches pour les entreprises étrangères qui cherchent à prendre une part de ce marché lucratif, composé de 1,4 milliard de personnes. Plus tôt en août, une des start-ups les plus importantes au monde, la société de transport particulier Uber, a plié sous la pression du marché après avoir perdu 2 milliards de dollars en Chine. Elle a finalement fusionné avec son principal rival, inspiré de son propre concept, Didi Chuxing. Que peuvent faire les sociétés étrangères pour mettre un pied dans un marché où la concurrence est l'une des plus rudes au monde ? 

« Un petit conseil que je donne aux entreprises britanniques, c'est d'apprendre à être la demoiselle d'honneur », a déclaré Mme Pearson, qui a affirmé que, pour gagner en Chine, il faut perdre. Elle a inventé ce concept d'« opportunité parallèle pour le profit » après avoir réalisé qu'en Chine, la victoire consiste à perdre. Il faut s'immiscer dans le monde des Chinois de manière bénéfique pour les deux parties. « Si vous voulez accéder au marché chinois, acceptez-en les conditions ! La Grande-Bretagne doit réaliser que le centre de gravité économique est désormais plus proche de Shanghai que de Sheffield ». 

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