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ÉNERGIE-ENVIRONNEMENT
Publié le 23/12/2010
L'environnement : qui s'en préoccupe ?

STEPHEN R.R. BOURNE: directeur des Cambridge University Press

 

Ce n'est qu'une question de puissance, n'est-ce pas? Euh, est-ce cela? La puissance dans toutes ses diverses manifestations.

 

Tout le monde sait que le problème de l'environnement est dans les mains des deux grandes puissances modernes : les États-Unis et la Chine. Lequel est la pire des deux? Cela dépend si vous choisissez d'évaluer les émissions de CO2 par habitant ou la pollution totale du pays. Dans ce dernier cas, c'est la Chine qui est le mauvais garçon, principalement à cause de ses centrales électriques au charbon, d'un brun sale, qui ont surgi dans tout le pays au cours des trente dernières années, dans ses efforts inlassables d'être reconnue comme une puissance économique mondiale.

 

Évidemment, vu son immense territoire et son énorme population qui représente le cinquième du total de la Planète, la Chine devrait être reconnue comme une grande puissance. Mais la puissance n'est pas une simple question de chiffres : pour être une puissance mondiale, il faut prouver ses qualifications en termes mesurables. Pour ce faire, existe-t-il une meilleure voie que celle du rendement économique? Alors, pour y arriver, il est nécessaire d'avoir une plus grande puissance dans le domaine des centrales électriques – et rapidement! Ainsi, la puissance devient une sorte de prophétie qui se réalise d'elle-même : pour gagner en puissance, il faut bâtir sa puissance de production d'électricité, et le faire de façon massive. Et c'est ainsi que s'enclenche le cercle vicieux qui se nourrit de lui-même, sans jamais s'épuiser.

 

Mais la puissance de la production industrielle d'électricité n'est pas le seul problème pour l'environnement. Il est clair que la puissance de nos véhicules contribue beaucoup à polluer, et leurs émissions flottent sinistrement au-dessus des principales grandes villes d'Orient et d'Occident ; rouler en voiture constitue une activité essentiellement humaine. Et il y en a de nombreuses autres qui relèvent de la puissance de l'homme et affectent notre environnement. Pensons aux paysans qui font brûler la paille; aux ménages qui jettent des piles de déchets; aux bûcherons du Brésil et de l'Indonésie qui détruisent sans discernement les précieuses forêts tropicales; et, aux bergers africains qui poussent les animaux sauvages hors de leur habitat naturel.

 

Les hommes d'affaires tendent à se glorifier de leur créativité, mais ils semblent trouver qu'ils affrontent un obstacle insurmontable lorsqu'on leur demande de faire un peu quelque chose pour l'environnement. « Qu'est-ce qu'on peut faire, gémissent-ils, pour apporter la moindre amélioration à l'environnement? On est impuissant sur ce sujet! » En fait, ils ne le sont pas réellement. Par exemple, à ma maison d'édition, nous en avons pris des mesures : nous avons installé des dispositifs d'économie d'énergie dans nos entrepôts; nous recyclons tout ce qui peut l'être dans notre imprimerie, nos bureaux et la cantine de notre personnel; nous insistons également pour imprimer sur du papier provenant de bois de forêts exploitées de façon soutenable; nous fabriquons nos produits plus près de nos marchés, afin de réduire les émissions causées par le transport; et, nous avons pratiquement éliminé notre parc de véhicules pour remettre la puissance de nos actions sur l'environnement dans les mains de notre personnel. De plus, nous libérons du temps de notre personnel pour que les gens puissent accomplir quelques activités de régénération de l'environnement. Ce sont des idées simples qui peuvent s'appliquer dans tout type d'entreprises. Et, vous savez quoi? Les employés et les clients approuvent les programmes de ce type : ils sont bons pour la motivation et bons pour les affaires. « Est-ce bien vrai? », vous dites-vous. « Cela améliore les bénéfices nets? » Bien sûr que oui. Cela fonctionne pour Cambridge University Press, et je sais que cela fonctionne pour sir Stuart Rose, président de Marks & Spencer. L'impuissance n'est pas une excuse : chaque entreprise a la puissance de choisir de faire une différence dans son environnement de travail.

 

Il y a aussi des puissances plus subtiles qui peuvent être mises à contribution, notamment la puissance de persuasion ou d'incitation des idoles. En Chine comme ailleurs, des idoles comme l'étoile de basket-ball Yao Ming ont la puissance d'influencer les esprits. Les autorités de Chengdu (province du Sichuan) et le gouvernement central de la Chine ont compris la puissance d'évocation d'une autre idole : le panda géant. Je suis personnellement fier d'être devenu père pour la troisième fois en adoptant un bébé panda géant pour sa vie durant! Ce panda s'appelle Jian Qiao (ce qui signifie Cambridge), et il sera un thème pour nos éditions du domaine de l'éducation et de l'environnement. Il a l'immense puissance de séduire les jeunes esprits, entre autres parce qu'il est si mignon et affectueux (il l'est vraiment!), et parce que les jeunes ont une appréciation innée des animaux et du monde naturel. Chaque parent, professeur, homme d'affaires et politicien devrait comprendre la puissance de l'engagement envers l'environnement – à condition que leurs mots ne soient pas vides, mais appuyés par des actions concrètes. La Chine travaille déjà à des campagnes de plantation d'arbres pour faire ralentir l'avancée de la désertification, et elle applique des mesures pour sauvegarder les habitats précieux de ses quelques éléphants et pandas, et les protéger contre les braconniers. L'application de ces types de puissance est tout à l'honneur de la Chine, mais tant reste à faire.

 

Je crois que chacun de nous sait qu'il ou elle a la capacité d'apporter une contribution à l'environnement. Cette puissance réside en chacun de nous. Malheureusement, nous trouvons facilement des excuses, n'est-ce pas? En titre à cet article, j'ai posé la question « Qui s'en préoccupe? » En réalité, je m'en préoccupe, et je crois que vous aussi. Il est certain que nos enfants s'en préoccupent, et nous devrions nous préoccuper du monde que nous leur léguerons.

 

La grande ironie, c'est que la puissance de l'électricité et des véhicules qui fait littéralement fonctionner la civilisation moderne est également celle qui détruit notre environnement.

 

Source: La Chine au présent

 



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