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La Chine, un partenaire pour le développement vert |
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| ERIK SOLHEIM* · 2026-05-04 · Source: La Chine au présent | |
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Le viaduc du Parc national de Nairobi sur la ligne ferroviaire Mombasa-Nairobi permet à la faune de circuler librement et en toute sécurité.
On me demande souvent pourquoi je suis si proche de la Chine. Ma réponse est toujours la même : se rapprocher de la Chine, c’est se rapprocher des pays du Sud global, et donc du développement vert. Lorsqu’un pays consacre autant d’efforts à la cause mondiale de l’écologie et obtient des résultats aussi remarquables, quiconque s’investit dans ce domaine ne peut pas – et ne devrait pas – ignorer cette force positive si puissante.
Une révolution verte
À mon arrivée au Programme des Nations unies pour l’environnement, j’ai été frappé par un constat surprenant : très peu de projets chinois avaient reçu le prix « Champions de la Terre », la plus haute distinction environnementale de l’organisation. Ce n’était pas faute de pratiques vertes remarquables, mais plutôt la conséquence d’un fossé géographique et culturel inhérent au système d’évaluation international de l’époque. De nombreux jurés, installés à des milliers de kilomètres, peinaient à percevoir la profonde mutation écologique qui s’opérait alors en Chine. J’étais pourtant convaincu qu’il leur aurait suffi de se rendre sur place pour constater l’abondance des modèles de développement durable.
Ma propre expérience en est une bonne illustration. Depuis que j’ai foulé le sol chinois pour la première fois en 1984, j’ai parcouru plus de la moitié du pays et pris l’habitude, à chaque nouvelle ville, d’aller courir pour en éprouver l’environnement naturel de façon directe. Ces quinze dernières années, j’ai nettement perçu l’amélioration continue de la qualité de l’air, les progrès remarquables dans la gestion de l’eau, ainsi que l’expansion constante des espaces verts urbains. Aujourd’hui, les fruits de ce virage écologique sont omniprésents.
Cette dynamique a fini par obtenir la reconnaissance internationale qu’elle méritait. En 2017, le Programme des Nations unies pour l’environnement a décerné le prix « Champions de la Terre » aux bâtisseurs du centre forestier de Saihanba (Hebei). Cette histoire continue de m’émouvoir profondément : sur une terre qui frôlait la désertification, trois générations de Chinois, animées par une détermination sans faille pendant plus d’un demi-siècle, ont réalisé l’exploit incroyable de créer une forêt artificielle de plus d’un million de mu (1 mu = 1/15 ha).
C’est non seulement un prodige d’ingénierie écologique, mais aussi une magnifique victoire de la volonté humaine alliée à la puissance régénératrice de la nature. Un autre exemple tout aussi représentatif est le programme de « renaissance rurale verte » entrepris dans le Zhejiang. Pour avoir parcouru cette province à de nombreuses reprises, j’ai pu constater comment cette vaste action de gouvernance locale a complètement transformé le visage d’innombrables villages.
En un laps de temps relativement court, la Chine a atteint des objectifs de gouvernance environnementale que de nombreux pays occidentaux ont mis des décennies à réaliser, tout en améliorant significativement la qualité de vie de sa population. La rapidité et l’ampleur de cette transformation sont tout simplement impressionnantes, et l’expérience ainsi que la sagesse qu’elle incarne offrent une référence précieuse pour l’ensemble des pays en développement.

Des touristes visitent les zones humides du désert de Kubuqi, à Ordos (Mongolie intérieure), le 25 août 2025.
Du concept à la réalité
Quelle est donc la philosophie qui anime cette transformation ? Je crois que la clé réside dans la compréhension profonde et la mise en pratique du principe selon lequel « la nature vaut son pesant d’or ». Cette vision, portée par le président chinois Xi Jinping, démontre que la Chine refuse de faire un « choix unique » entre croissance économique et protection écologique. Au contraire, ces deux impératifs peuvent non seulement coexister, mais aussi se renforcer mutuellement jusqu’à devenir indissociables.
Mes multiples visites dans le désert de Kubuqi, dans la région autonome de Mongolie intérieure, m’ont permis d’observer un changement de paradigme fondamental : les habitants ne perçoivent plus le désert comme une fatalité, mais comme une ressource à valoriser. Grâce au développement de l’industrie photovoltaïque, du tourisme écologique et de la culture de plantes médicinales, la région a restauré son écosystème tout en créant de nombreux emplois, permettant une hausse sensible des revenus locaux.
Plus frappant encore, cette conception du développement écologique fait preuve d’une réelle finesse en matière de mobilisation sociale. Là où les termes techniques, froids et obscurs, peinent souvent à susciter l’enthousiasme du public pour la protection écologique, des expressions comme « la nature vaut son pesant d’or » ou « une belle Chine » s’avèrent simples et percutantes. Elles parviennent à traduire un discours d’expert en un langage accessible, auquel les citoyens s’identifient et au sein duquel ils souhaitent s’engager.
La réussite de cette transition écologique repose sur un moteur original combinant une planification centrale solide et des mécanismes de marché dynamiques. Qu’il s’agisse des objectifs à long terme à l’horizon 2035 ou de l’objectif du centenaire pour 2049, la Chine excelle dans l’art de projeter des visions sur plusieurs décennies, tout en les concrétisant progressivement à travers ses plans quinquennaux. Cette constance stratégique constitue un atout institutionnel unique.
Un avenir partagé
La portée du développement vert de la Chine dépasse désormais ses frontières. Ce processus d’intégration profonde entre les forces productives de nouvelle qualité et la durabilité apporte un nouvel espoir au monde entier. D’un côté, les nouvelles technologies comme l’IA accélèrent la révolution verte à un rythme inédit ; de l’autre, sans un approvisionnement en énergie propre à faible coût et à grande échelle, il serait tout simplement impossible de soutenir l’immense consommation énergétique des industries du futur. Il s’agit d’une véritable relation symbiotique.
Ce qui mérite particulièrement d’être salué, c’est l’esprit d’ouverture et de partage dont la Chine fait preuve dans sa promotion du développement technologique. En partageant ses forces productives vertes, elle aide d’autres nations à réaliser leur transition énergétique à moindre coût et à un rythme plus rapide. Cette dynamique s’illustre aussi bien par la mise à disposition mondiale de grands modèles d’IA, comme ceux de DeepSeek, que par l’implantation industrielle de BYD au Brésil, ou encore les investissements de CATL en Hongrie. Cette démarche renforce la confiance internationale : plus la Chine fournit de biens publics mondiaux, plus l’avenir du monde gagne en certitude.
On peut affirmer sans exagérer que, sans la Chine, la transition verte mondiale ne s’arrêterait pas, mais elle deviendrait certainement beaucoup plus coûteuse et lente. C’est pourquoi je n’ai cessé de promouvoir le « commerce vert », une approche qui dépasse la simple circulation des marchandises pour établir une coopération respectueuse de l’environnement. Cette philosophie de coopération gagnant-gagnant s’incarne pleinement dans l’initiative « la Ceinture et la Route ». Ainsi, lorsque l’on traverse la savane kényane à bord du chemin de fer Mombasa-Nairobi, il n’est pas rare de voir des éléphants passer paisiblement grâce aux couloirs de migration spécifiquement aménagés par des équipes chinoises. Par ses actions concrètes, la Chine s’affirme comme un moteur essentiel de la gouvernance verte mondiale.
Pourtant, certains craignent que l’utilisation des technologies vertes chinoises n’entraîne une perte d’autonomie. Je pense, au contraire, qu’elle la renforce. S’appuyer sur des technologies et des équipements chinois performants et accessibles pour construire son propre système d’énergies renouvelables, c’est consolider son indépendance énergétique tout en stimulant le développement des industries locales et l’emploi.
Nous devons prendre conscience que la lutte contre le changement climatique et la crise écologique, ainsi que l’éradication de la pauvreté sont des responsabilités universelles. Pour parvenir à un consensus, les technologies et les capitaux ne suffisent pas : il faut y ajouter la force des civilisations. La sagesse d’une vie en harmonie avec la nature est depuis toujours ancrée au cœur des traditions des grandes civilisations du monde. À mon sens, la Chine ne vise pas seulement sa propre transition, mais aspire à édifier, avec le reste du monde, une « civilisation verte » moderne fondée sur l’harmonie entre l’homme et la nature. Je suis convaincu que les pays du Sud global peuvent jouer un rôle déterminant dans ce processus, en comblant les fossés par le dialogue entre civilisations et en forgeant des consensus par la coopération verte, afin de créer ensemble un avenir plus vert et plus juste.
*ERIK SOLHEIM est ancien directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement.
(L’article original a été publié dans Le Quotidien du Peuple.)
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