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Le courage tisse des liens éternels

LI WENYU*  ·  2025-08-29  ·   Source: La Chine au présent
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L’héritage du continue de parler le langage universel du courage et de la compassion – une lumière née dans les ténèbres de la guerre. 

Mémorial en hommage au sauvetage de prisonniers de guerre britanniques par les pêcheurs de Dongji, dévoilé le 20 mai 2025

Il y a 83 ans, le navire japonais Lisbon Maru, réquisitionné pour transporter de Hong Kong au Japon plus de 1 800 prisonniers de guerre britanniques entassés dans ses cales, sombre au large de l’île de Dongji (Zhejiang) après avoir été torpillé par un sous-marin américain. Les forces japonaises n’avaient pas signalé le navire comme transportant des prisonniers de guerre, violant ainsi les conventions internationales. Le bilan est terrible : plus de 800 soldats périssent, noyés ou abattus alors qu’ils tentaient de s’échapper. Au milieu de ce chaos, un geste extraordinaire se produit : alertés par les cris, des pêcheurs locaux lancent immédiatement toutes leurs embarcations à la mer, bravant les courants dangereux pour secourir 384 soldats britanniques en train de se noyer.

Naufrage du navire cargo Lisbon Maru 

Le 20 mai 2025, un mémorial érigé en l’honneur de cette histoire de sauvetage a été dévoilé sur l’île de Dongji. Après un long voyage, 18 descendants des soldats secourus ont foulé le sol de l’île pour rencontrer les descendants des pêcheurs locaux qui ont risqué leur vie 83 ans plus tôt.

Le mémorial, représentant deux mains jointes dans une étreinte indestructible, immortalise cet acte de courage. « Ces mains symbolisent bien plus qu’un sauvetage, mais aussi l’amitié indéfectible entre le Royaume-Uni et la Chine », explique Wu Xiaofei, descendante d’un des sauveteurs. Pour les descendants des deux côtés, ce mémorial est la preuve que même la guerre n’a pas pu anéantir la bonté humaine, conformément aux inscriptions au centre du mémorial : « L’amour ne connaît pas de frontières, l’amitié transcende le temps. »

Zone d’exposition dédiée au navire Lisbon Maru au Musée d’histoire et de culture de Dongji

Donner un coup de main

Sur l’île de Dongji, tous les enfants grandissent avec cette histoire de sauvetage. Pour les habitants comme Wu Xiaofei et Liang Yindi, cette légende revêt une signification toute particulière : leurs grands-pères faisaient partie de ces pêcheurs qui, un jour d’octobre 1942, ont lancé leurs frêles embarcations dans des eaux démontées pour sauver des prisonniers de guerre britanniques. « Mon grand-père et ses frères ont fait partir leurs petits bateaux à quatre reprises, sauvant ainsi 26 hommes », raconte Mme Liang, les yeux brillants de fierté. Mais le danger persistait : trois soldats ont dû être cachés dans la « grotte des enfants », un refuge secret à flanc de falaise où ils ont échappé aux patrouilles japonaises.

Les insulaires ont répondu avec générosité aux besoins des survivants. « Ma grand-mère a donné aux prisonniers les seuls vêtements de rechange que notre famille possédait », se souvient Mme Liang. Les villageois ont mis en commun leurs maigres réserves de patates et de riz pour préparer du porridge aux hommes épuisés. Lorsque les vêtements ont commencé à manquer, les pêcheurs ont fouillé leurs maisons et trouvé des tissus bleus. Armés d’aiguilles robustes, ils ont rapidement cousu des chemises et des pantalons de fortune. Les soldats britanniques, bouleversés par ce geste, ont fondu en larmes en enfilant ces habits modestes, pourtant conçus avec le peu que possédaient les insulaires.

Malgré la barrière linguistique, la bienveillance a parlé plus fort que tout. « Imaginez cette petite île, soudain submergée par des survivants venus de la mer. Cela aurait pu semer la panique, mais personne n’a hésité. L’amour a chassé toute peur », raconte Mme Liang.

Le dernier sauveteur est décédé en 2020, et les prisonniers de guerre qui avaient survécu ont également disparu. Mais leur esprit perdure. En évoquant ces événements, Mme Wu a fait remarquer avec émotion que cette histoire transcende le simple récit de guerre : elle célèbre avant tout ces âmes ordinaires qui, face à l’adversité, ont choisi de tendre la main à leurs semblables.

Objets offerts à Liang Yindi par des descendants de prisonniers de guerre britanniques secourus

Préserver les valeurs universelles

Mme Liang, née en 1968, travaille à la Station culturelle du bourg de Dongji depuis environ 40 ans. Depuis l’ouverture du Musée d’histoire et de culture de Dongji en 2009, elle y travaille comme guide. Le musée abrite au deuxième étage la seule exposition permanente en Chine consacrée à cet épisode de l’histoire.

Malgré les défis liés à la construction d’un musée sur l’île isolée de Dongji, les autorités locales ont surmonté les difficultés pour l’ériger, rendant hommage à l’héroïsme des pêcheurs et témoignant avec force des valeurs universelles de courage, de compassion et de solidarité internationale incarnées par cet événement. Aujourd’hui, les visiteurs affluent sans relâche vers ce musée devenu sanctuaire mémoriel.

« J’ai grandi avec cette histoire avant de rejoindre la station culturelle et je dirige aujourd’hui le musée », raconte Mme Liang. « J’ai investi beaucoup d’émotions personnelles dans ce travail. Ce rôle va bien au-delà d’un simple emploi. J’y ai consacré tout mon cœur. C’est une mission sacrée, qui exige un engagement total. »

La commémoration de ces événements historiques prend aujourd’hui des formes toujours plus innovantes : des artistes locaux, inspirés par l’épopée des pêcheurs, ont donné vie à leur mémoire à travers des œuvres picturales vibrantes et une gamme de produits culturels évocateurs. La publication récente d’un livre d’histoire orale et la réalisation de documentaires viennent aussi enrichir cette transmission. Les jeunes générations contribuent également à préserver la mémoire de cette histoire en réalisant des vidéos pour des concours et en prononçant des discours dans les écoles.


Un tableau de Wu Xiaofei offert à Jean Clemence, immortalisant leurs retrouvailles

Des liens durables au-delà des mers

Les descendants des sauveteurs, gardiens d’une mémoire humaniste, perpétuent avec créativité l’amitié sino-britannique. Parmi eux, Mme Wu incarne cette transmission à travers une démarche artistique audacieuse. Ses toiles, comme Le Sauvetage du Lisbon Maru et Amour sans limites, réinterprètent l’événement historique en substituant aux tonalités sombres une palette vibrante d’espoir. « L’horreur appartient à 1942, déclare-t-elle. Aujourd’hui, nous célébrons l’unité nationale et une amitié transmise de génération en génération. »

En 2004, lors d’une formation à Hangzhou (Zhejiang), Mme Wu et Mme Liang découvrent les efforts officiels déployés pour mettre en valeur cette histoire émouvante. Inspirées par cette idée, elles ont décidé de contribuer à le faire connaître au monde entier à travers leurs chevalets. Alors que d’autres auraient pu utiliser des couleurs sombres, Mme Wu opte pour le bleu et l’or.

Amour sans limites est une réinterprétation d’une partie du Sauvetage du Lisbon Maru. « Les couleurs transmettent le message que le courage survit à la guerre », explique Mme Wu. À ses yeux, c’est un devoir générationnel, celui de veiller à ce que le véritable héritage de l’histoire soit célébré en couleurs, et non simplement porté par le deuil.

Liang Yindi (1re g.) guide la descendante d’un prisonnier de guerre britannique lors d’une visite au Musée d’histoire et de culture de Dongji. (PHOTOS FOURNIES PAR LIANG YINDI ET WU XIAOFEI)

Les activités commémoratives ont également permis aux descendants des deux nations de nouer des liens profonds. L’année dernière, l’ambassade de Chine au Royaume-Uni a organisé une célébration du Nouvel An chinois à Gloucester, où se sont réunis les descendants des survivants britanniques et des pêcheurs de Dongji, dont Mme Wu et Mme Liang. Au cours de cette réunion, leurs voix se sont harmonisées pour chanter ensemble Auld Lang Syne.

« Nous avons été profondément émus par la chanson et nous nous sommes naturellement pris dans les bras », se souvient Mme Wu. « À ce moment-là, aucun mot n’était nécessaire, juste un sentiment partagé de paix et de réconfort. » De cette rencontre est née une amitié étroite entre Mme Wu et Jean Clemence, descendante d’un survivant. « Nous ignorions l’impact durable de cet événement sur votre communauté, lui écrit cette dernière dans une lettre. Qu’un épisode vieux de 82 ans puisse encore résonner si fort dans vos cœurs est une révélation bouleversante. »

L’amitié durable entre les descendants des sauveteurs et des survivants s’est désormais transmise à leurs enfants. Lors de la récente cérémonie commémorative, Jean Clemence a emmené son fils sur l’île de Dongji. Le fils de Mme Wu, aujourd’hui policier, l’a chaleureusement accueilli et s’est entretenu avec lui. En signe des valeurs de paix qu’ils défendent ensemble, le jeune policier a offert à son ami britannique une peluche « ours policier », symbole touchant de cette amitié qui traverse les âges et les frontières.

 

*LI WENYU est professeure à l’Université de Changji.

 

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