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Le Jardin Bussière dans la Chine en guerre

XIA YUANYUAN, membre de la rédaction  ·  2025-08-29  ·   Source: La Chine au présent
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Le Jardin Bussière, symbole vivant de l’amitié sino-française, renaît comme centre d’échanges culturels et historiques.

Photo du docteur Bussière au Jardin Bussière 

Dans les Collines de l’Ouest à Beijing, se trouve un lieu centenaire appelé le Jardin Bussière, un édifice historique qui témoigne de la profonde amitié nouée entre un médecin français et le peuple chinois durant une période particulière. Il incarne également un lien d’amitié sino-française qui s’étend sur un siècle.

Le créateur de ce jardin est le médecin français Jean Jérôme Augustin Bussière. Ayant vécu en Chine pendant plus de quarante ans, il a lié son destin à celui de la Chine par son excellence médicale, sa générosité immense et son courage sans faille.

Le lien profond d’un médecin français avec la Chine

Né en 1872 dans une région rurale du centre de la France, le docteur Bussière obtint son doctorat à l’université militaire de médecine de Bordeaux. Son parcours professionnel l’amena à pratiquer la médecine dans plusieurs régions du monde, où il acquit une solide expérience dans le traitement de maladies contagieuses telles que la peste et le choléra. En 1913, à l’âge de 41 ans, il fut invité en Chine, où il vécut ensuite pendant 41 ans.

« Pendant son séjour en Chine, le docteur Bussière a successivement occupé les postes de médecin à la Légation de France et de directeur de l’Hôpital français de Beijing. En 1917, il fut le premier à introduire le vaccin contre la peste en Chine », explique Yu Peili, directrice adjointe du Centre de promotion culturelle de l’arrondissement de Haidian. Grâce à ses compétences professionnelles, il acquit rapidement une grande réputation à Beijing. Il soignait les élites comme les gens ordinaires, offrant souvent des consultations gratuites à son domicile situé dans le hutong Datian Shuijing auprès des pauvres.

En 1923, après la mort de sa femme et la maladie pulmonaire de sa fille, il chercha un lieu de convalescence à l’air pur pour sa fille. Il loua alors un terrain montagneux dans le cadre bucolique des Collines de l’Ouest où il conçut une villa-jardin, donnant ainsi naissance au Jardin Bussière. Construit à flanc de montagne, l’ensemble architectural allie le style des châteaux européens à celui des jardins traditionnels chinois.

Le docteur Bussière jouissait d’une grande affection de la part des villageois locaux. Zhang Wenda, membre du comité académique de la Société d’histoire, de géographie et de folklore de Beijing, remarque qu’il reste toujours présent dans la mémoire des habitants des alentours.

À l’époque, la voiture du docteur Bussière se retrouvait souvent coincée sur les routes au pied du Jardin Bussière après les fortes pluies estivales. Informés de cette situation, les enseignants et élèves du lycée du bourg de Wenquan décidèrent de recueillir des fonds afin de construire un petit pont en pierre, qu’ils nommèrent le Pont du Docteur Bussière, gravant son nom dessus.

« L’existence de ce pont reflète de manière tangible la profonde amitié qui unissait le docteur Bussière aux habitants locaux », explique Mme Yu.

Pavillon du Sud du Jardin Bussière

Un courage sans faille

En 1937, l’armée japonaise provoqua délibérément l’Incident du 7 Juillet (Incident du pont Lugou), déclenchant une guerre d’agression générale contre la Chine. Le docteur Bussière, représentant des médecins étrangers à Beijing, écrivit à la Croix-Rouge chinoise pour offrir ses services et soutenir la résistance du peuple chinois.

Peu après, Huang Hao, membre clandestin du Parti communiste chinois à Beijing, contacta le docteur Bussière en lui demandant d’utiliser son statut d’étranger pour acheminer des médicaments indispensables vers la base d’appui antijaponaise dans les Collines de l’Ouest. À cette époque, l’armée japonaise imposait un strict blocus sur les zones de résistance, interdisant notamment le transport de médicaments. Malgré les risques énormes, le docteur Bussière accepta sans hésitation la mission.

Une voie spéciale de transport de médicaments fut ainsi ouverte. Au début, le docteur Bussière utilisait sa voiture, mais avec la pénurie d’essence, et déjà âgé de plus de 70 ans, il se mit à les transporter à vélo, poursuivant cette mission dangereuse. Le trajet aller de la ville de Beijing jusqu’aux Collines de l’Ouest dépassait les 40 km, traversant de nombreux postes de contrôle japonais. Les gens pouvaient souvent voir ce vieil homme pédaler laborieusement sur les chemins de montagne, portant des dizaines de kilos de médicaments.

Cette ligne de transport a été plus tard qualifiée de « Bosse en vélo » par le président chinois Xi Jinping lors de sa visite en France, en référence à la fameuse « Bosse », un pont aérien Chine-Birmanie-Inde durant la Seconde Guerre mondiale.

Pendant cette période, le Jardin Bussière devint un relais secret et un refuge. Les médicaments y étaient remis aux résistants, qui les transportaient vers les hôpitaux des bases d’appui antijaponaises. Parallèlement, le docteur Bussière et son assistante Wu Sidan (qui devint plus tard son épouse) pratiquaient chez eux des opérations chirurgicales sur les blessés de la VIIIe armée de route.

Le pont du Docteur Bussière, situé dans l’ouest du village de Wenquan, dans l’arrondissement de Haidian (Beijing) (PHOTOS FOURNIES PAR LE DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DE L’ARRONDISSEMENT DE HAIDIAN)

Un jardin qui perpétue l’amitié sino-française

Son fils, Jean-Louis Bussière, également médecin, a repris le flambeau de l’histoire du docteur Bussière en Chine. Il a longtemps fait l’aller-retour entre la France et la Chine pour rassembler les archives de son père. « Je ne pensais pas que mon père serait autant apprécié en Chine, cela nous remplit de fierté. Il a fait une contribution humanitaire au peuple chinois durant ses heures les plus sombres, et je suis fier de lui. En retraçant cette histoire, nous ressentons que l’amitié entre la France et la Chine se poursuit toujours. »

La Chine n’a jamais oublié cet ami français. En 2001 et 2011, le Jardin Bussière a été inscrit comme site protégé dans l’arrondissement de Haidian puis à Beijing, devenant une base d’échanges culturels sino-français ainsi que l’un des premiers monuments révolutionnaires protégés de la ville. En 2013, le gouvernement de Haidian a entièrement restauré ce bâtiment historique pour lui redonner son visage de l’époque. En mars 2014, lors de sa visite en France, le président chinois Xi Jinping a chaleureusement reçu Jean-Louis Bussière à Paris.

En 2024, un buste en bronze du docteur Bussière, réalisé par un sculpteur français et offert par l’Association du Nouvel Institut Franco-Chinois de Lyon à la Chine, a été installé de façon permanente dans le Jardin Bussière.

Selon Huang Yixiong, responsable de l’administration du Jardin Bussière, le jardin, dont la restauration a commencé l’an dernier, devrait rouvrir au public en septembre 2025. « À l’avenir, nous organiserons des dialogues entre experts sino-français et des échanges jeunesse pour faire du Jardin Bussière un centre international d’échanges, et pleinement exploiter son rôle de pont dans l’amitié sino-française. »

Il y a plus d’un siècle, le docteur Bussière traversa les océans pour venir en Chine. Plus d’un siècle plus tard, son histoire touchante et son esprit immortel continuent d’être transmis. Ce bâtiment unique, porteur d’une histoire riche, joue toujours un rôle irremplaçable dans les relations amicales entre les peuples de Chine et de France.

 

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