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Publié le 25/09/2009
La protection du lac Qinghai

Aurora Carlson

Bonjour et bienvenue dans Objectif Chine ! Je me trouve sur le site sacré du Lac Qinghai, à 3000 mètres d’altitude sur le plateau du Tibet, sur l’une des terres humides les plus importantes au monde. Le développement régional et le changement climatique sont aujourd’hui une menace pour ces eaux et les habitats environnants. Nous allons donc découvrir quelles mesures ont été prises pour assurer la protection de l’écosystème particulièrement riche du Lac Qinghai.

Lorsque les Mongols découvrirent par hasard cette étendue d’eau il y a des milliers d’années, ils la confondirent avec un océan et lui donnèrent alors le nom de « mer bleue », « qinghai » en chinois. Il s’agit du deuxième plus grand lac salé au monde, du plus grand lac de Chine, et de l’un des lacs les plus élevés au monde. Quelque soit la façon dont vous le considérez, c’est tout simplement la nature sous sa forme la plus pure. Mais sa particularité la plus intéressante est son statut de terre humide : le lac a été reconnu comme l’une des terres humides les plus importantes au monde en 1992, devenant ainsi l’une des mieux préservées.

Le lac a été surnommé « la terre des oiseaux » car il est une destination majeure pour les oiseaux migrateurs. Plus de 100 000 oiseaux viennent chaque année des pays voisins pour y faire leurs nids et élever leurs petits.

He Yubang, Directeur adjoint

Réserve naturelle nationale du Lac Qinghai

Au printemps et en automne, plus de 20 espèces d’oiseaux aquatiques comme les canards sauvages viennent ici en transit. On compte environ 100 000 canards sauvages, et environ 300 000 oiseaux, toutes espèces confondues.

La région est un véritable paradis pour les oiseaux qui souhaitent pondre leurs oeufs et élever leurs oisillons. Sur ces terres reculées, il y a peu de prédateurs, peu de touristes mais de nombreuses côtes où les oiseaux peuvent choisir un emplacement idéal pour leur nid. C’est la raison pour laquelle le Lac Qinghai abrite plus de 189 variétés d’oiseaux, dont 65 sont des oiseaux aquatiques. Parmi ces espèces qui se dirigent vers le Nord, on trouve notamment l’oie à tête barrée, la mouette du Tibet et le cormoran. Ainsi, la région du lac se hisse au niveau des réserves naturelles les plus importantes de Chine et compte parmi les zones de protection des oiseaux du pays.

Aujourd’hui, je peux marcher ici, mais il y a 30 ans, cette surface était encore recouverte d’eau. Je me trouve sur « l’Ile aux Oiseaux », le plus important point d’escale pour les oiseaux migrateurs du Lac Qinghai. En 1978, cette île a été requalifiée en « péninsule » suite à la baisse du niveau des eaux.

Le réchauffement climatique est on ne peut plus frappant quand on se penche sur les statistiques du Lac Qinghai. Le niveau de l’eau a baissé de presque 4 mètres au cours des 50 dernières années et la zone compte au total 60% d’eau fraîche en moins que dans les années 80. Si l’on ajoute à cela des facteurs humains tels que l’augmentation de la production agricole et le développement économique, on obtient un écosystème extrêmement fragile. Une terre humide est par définition une zone écologiquement fragile. Ainsi, ces sources de pression supplémentaires pourraient à terme menacer d’extinction certaines des espèces.

He Yubang, Directeur adjoint

 

Réserve naturelle nationale du Lac Qinghai

Cet oeuf, qui a été abandonné, est un oeuf d’oie à tête barrée. L’oeuf n’a pas été fécondé pendant la période d’incubation, il a donc été expulsé du corps. On trouve beaucoup d’oeufs comme celui-ci sur l’île et c’est pourquoi cet endroit est appelé « l’Ile aux Oeufs ».

En 1975, un bureau gouvernemental baptisé « Réserve naturelle nationale du Lac Qinghai » a été établi. Depuis, l’avenir du lac repose entre les mains de cette organisation. Elle est responsable de toutes les îles du littoral, des poissons, des oiseaux, des eaux, des ressources naturelles et de la protection de l’environnement. Cependant, sa plus importante mission survient pendant la saison des migrations, lorsqu’elle surveille les routes migratoires, les habitudes et l’évolution de la nidification des oiseaux.

Suivre l’évolution des habitudes migratoires est un moyen efficace pour évaluer l’état général des terres humides. Si les oiseaux cessent d’y venir, cela pourrait révéler des problèmes environnementaux bien plus inquiétants. L’organisation a ainsi commencé à utiliser un système GPS relié aux satellites américains, afin d’observer leurs itinéraires exacts, leurs points d’escale et leurs habitats saisonniers.

Hou Yuansheng, membre du personnel

Réserve naturelle nationale du Lac Qinghai

Nous capturons un oiseau dans son habitat afin de le peser et de le mesurer. Voici le GPS de Google Earth. On voit l’itinéraire migratoire complet de l’oie à tête barrée. Ici, c’est le Lac Qinghai. Et ceci est un trajet migratoire. Ici, ce sont les Lacs Ngoring et Gyaring dans le comté de Maduo, dans la province du Qinghai. Les oiseaux y resteront quelques temps avant de reprendre leur route vers le sud-ouest, vers la vallée de Lhassa, où ils arriveront juste avant le début de l’hiver. Ensuite, au mois d’avril de la deuxième année, ils prendront cette trajectoire pour revenir au Lac Qinghai.

Cela fait deux ans que nous faisons ça. Et après deux ans, d’après ce que nous avons observé, les choses se passent plutôt bien. Nous avons décelé beaucoup de nouveaux problèmes, mais nous avons également appris beaucoup sur la migration de ces oiseaux.

Afin de mieux comprendre les migrations des oiseaux qui font étape au Lac Qinghai, un système de localisation par GPS a été installé sur 46 oiseaux. Lorsqu’ils arrivent sur les lieux, un système de vidéo surveillance permet d’observer leurs habitudes de nidification 24h/24.

Dix caméras ont été stratégiquement disposées autour des principales zones de nidification du lac, permettant ainsi d’observer jour et nuit et 365 jours par an les habitudes des oiseaux. En fait, ce sont ces caméras qui ont produit les premières images de la mort d’un oiseau atteint de la grippe aviaire, et ont permis de sonner l’alarme, étant donné la proximité du Lac Qinghai avec l’Europe.

He Yubang, Directeur adjoint

Réserve naturelle nationale du Lac Qinghai

Le plus gros avantage, c’est la réduction de l’ingérence humaine. Grâce à notre matériel, nous pouvons aussi bien faire de l’observation que de la surveillance et de la recherche approfondie. Nous pouvons ainsi apprendre beaucoup sur les habitudes, le comportement et la reproduction.

Réserve naturelle nationale du Lac Qinghai

Station de surveillance des oiseaux des terres humides

Li Yinghua, membre du personnel

Réserve naturelle nationale du Lac Qinghai

C’est une oie à tête barrée. Le parent ajuste la température de l’oeuf en utilisant sa bouche. Le parent couve l’oeuf pendant 24 heures par jour. Normalement les oeufs éclosent le matin, mais s’ils n’ont pas éclos avant l’après-midi, le parent continuera à adapter la température jusqu’à l’éclosion. Lorsque le bébé sera suffisamment gros, ils quitteront l’île ensemble. C’est un processus qui aide les oiseaux à quitter l’île. Ça, c’est l’escorte. Il y a deux familles, elles escortent les petits oiseaux. Ils quittent l’île et vont dans les marécages. Les oiseaux qui se trouvent derrière et sur les côtés sont ceux qui escortent. C’est une famille. Ils vont accompagner les oisillons dans un refuge car les loups, les renards et les aigles représentent une menace permanente. Les oiseaux protègent simplement leurs enfants en escortant les oisillons. Si les petits sont attaqués, les gros oiseaux les défendront.

Hou Yuansheng, membre du personnel

Réserve naturelle nationale du Lac Qinghai

Le nombre de cormorans a-t-il changé ?

Ici, sur l’Ile aux Cormorans, le nombre de cormorans n’a cessé d’augmenter depuis le début de l’année 2005. A présent, il n’y a qu’à voir le nombre de nids sur les falaises pour comprendre à quel point les chiffres ont augmenté.

Pendant combien de temps vont-ils faire leurs nids sur l’Ile aux Oiseaux ?

Chaque année, ils viennent au Lac Qinghai de la fin du mois de mars à début avril. Ils commencent à construire leurs nids à la fin du mois d’avril, puis en général ils migrent vers le sud à la fin du mois d’août.

L’accès à une grande partie du littoral et aux îles de nidification est interdit au public. Environ 100000 touristes se rendent chaque année sur l’Ile aux Oiseaux et jusqu’à présent, cela n’a pas vraiment affecté ses occupants. Chaque année, les tendances migratoires, les zones de reproduction, la croissance des végétaux et les variétés de plantes font l’objet d’une surveillance dans la réserve. Cela permet de fournir une analyse complète des changements d’une année sur l’autre.

Se concentrer sur la protection des poissons ou des oiseaux s’avère en effet très important. Aucun des deux ne peut prospérer sans un habitat en bonne santé. C’est la raison pour laquelle le bureau de l’exploitation forestière a accordé une importance particulière à la protection de l’ensemble des terres humides.

Les oiseaux choisissent un site de nidification idéal en fonction de facteurs tels que la végétation, le niveau des précipitations et la température. On constate une hausse du niveau des eaux depuis 2004, d’où une augmentation du nombre de sources naturelles. Ces hausses résultent des mesures prises dans le but de préserver les marécages et de fournir une chance de survie à l’ensemble de l’écosystème.

Hou Yuansheng, membre du personnel

Réserve naturelle nationale du Lac Qinghai

Voici un échantillon de notre végétation. Nous contrôlons principalement la végétation marécageuse. Grâce à une surveillance constante, nous pouvons observer le renouvellement de la végétation. Nous pouvons aussi classer les différentes variétés de plantes qui poussent ici et ensuite évaluer leurs conditions de croissance, leur valeur nutritive ainsi que leur taille, structure et niveau.

La protection de l'environnement va bien au delà de l’installation de girouettes dans les airs et de divers équipements sur terre et au fond du lac. Les changements de température du lac sont relevés chaque jour de l’année afin de mieux protéger les poissons et l’ensemble de la faune qu’abrite le lac.

Qinghai se trouve dans une région reculée de Chine, mais ses températures froides et son altitude élevée n’arrêtent pas les scientifiques pour autant. Des chercheurs et spécialistes de terrain du monde entier viennent donner des conseils sur les obstacles et les réussites auxquels est confronté l’écosystème.

Dawa Tsering, Directeur

Bureau du WWF à Lhassa

Vous êtes venus au Lac Qinghai, sur l’Ile aux Oiseaux, qu’en pensez-vous ?

Et bien tout d’abord il est très intéressant pour moi d’être ici, car la première fois que je suis venu c’était en 1984, il y a 24 ans. Beaucoup de choses ont changé. Je pense que l’un des plus gros changements concerne le niveau de l’eau, qui a un petit peu baissé. Mais nous pouvons toujours voir beaucoup d’oiseaux. Et puis ils ont créé cette réserve naturelle autour du lac. Aujourd’hui, de nombreuses politiques sont menées par différentes organisations qui font vraiment du bon travail en termes de protection de l’environnement.

Fan Zhiyong, Directeur

Programme sur les espèces, WWF Chine

Il a y eu de grands changements depuis ma dernière venue. Le niveau de l’eau était assez élevé, mais il semble qu’à présent il diminue. Avant cet endroit n’était pas clôturé, il était donc très facile de venir au contact des oiseaux. Il y en avait partout. Mais aujourd’hui, on ne peut en voir que sur l’île.

Après avoir parcouru des milliers de kilomètres pour venir au Lac Qinghai, la première chose à laquelle pensent les oiseaux, c’est manger. Le Lac Qinghai n’abrite qu’une seule espèce de poisson. La carpe sans écailles, également appelée la « carpe cuir », est la bouée de sauvetage des oiseaux. Sans ce poisson, il n’y aurait pas d’oiseaux. Mais ce poisson a aussi été le premier à souffrir de la baisse du niveau de l’eau.

Historiquement, la région est occupée par l’ethnie tibétaine. Pour cette dernière, le poisson est sacré et le lac est donc resté intact pendant des générations. En raison de l’accélération du développement et de la migration vers l’ouest d’autres ethnies depuis les années 1950, la population de la carpe cuir est tombée en flèche et a frôlé l’extinction, représentant ainsi une menace directe à la survie des oiseaux.

He Yubang, Directeur adjoint

Réserve naturelle nationale du Lac Qinghai

Notre objectif est de protéger la carpe cuir afin que les oiseaux puissent se nourrir. C’est grâce à ces espèces qu’il existe dans la région du lac un écosystème symbiotique. Les poissons fournissent au lac toute sa vitalité tandis que les oiseaux lui donnent sa beauté.

La carpe cuir est quasiment dépourvue d’écailles. C’est un poisson peu commun qui ressemble au saumon, et qui, au printemps, quittera le lac pour la rivière afin d’y pondre ses oeufs. Lorsque les plus jeunes seront assez résistants, ils nageront en descendant le courant. Pendant les années 1950, un poisson pesait en moyenne 500 grammes. Dans les années 1990, son poids n’était plus que de 150 grammes. Chaque année, les oiseaux se nourrissent d’environ 1000 tonnes de poissons mais le lac entier n’en abrite que 7000 tonnes.

Zhang Hong, Membre du personnel

Centre de protection de la carpe cuir du Lac Qinghai

Quelle est la raison principale de la baisse de la population de poissons ?

Il y a deux raisons principales à la diminution du nombre de carpes cuir dans le Lac Qinghai. Premièrement, les années 1960 ont été une période difficile pour notre pays en termes de développement. Pendant cette période, le poisson a remplacé les céréales. Cela a bien sûr eu des conséquences désastreuses sur la population de poissons. La seconde raison, ce sont les changements environnementaux. Ces changements entraînent une diminution du nombre de rivières qui se jettent dans le lac. L’augmentation de la salinité et de l’alcalinité du lac influencent également la réduction du nombre d’espèces.

L’augmentation de la population humaine a été la principale cause de la détérioration de l’état du lac. La population de la province du Qinghai a en effet plus que quadruplé depuis la libération en 1949. Après avoir ouvert les prairies fragiles à l’agriculture, de nombreux ruisseaux qui s’écoulaient dans le Lac Qinghai ont été asséchés ou déviés. Aujourd’hui, il ne reste qu’environ 40 petites rivières contre 70 au siècle dernier. En outre, la construction de divers barrages a affecté les migrations des poissons et donc leurs lieux de reproduction dans les rivières.

Zhang Hong, Membre du personnel

Centre de protection de la carpe cuir du Lac Qinghai

Grâce aux mesures de protection prises par le gouvernement et à la prolifération de moyens artificiels, les ressources poissonnières du Lac Qinghai continueront de profiter aux générations futures.

Une équipe de professeurs chinois a développé une solution pour aider les poissons à atteindre leur destination sans gêner le développement de la région. On peut les appeler les « ponts à poissons », ce sont en fait des canaux d’eau à contre-courant qui leur permettent de franchir les barrages. Mais bien sûr, les poissons ne reconnaissent pas tous ce nouvel outil.

Zhang Hong, Membre du personnel

Centre de protection de la carpe cuir du Lac Qinghai

Comment les poissons peuvent-ils nager à contre-courant ?

Pendant la saison de frai, les ponts inversent le courant et les poissons commencent à nager à contre -courant. Les poissons pénètrent alors par le dessous des ponts lorsqu’ils sentent le courant et franchissent ainsi le barrage petit à petit.

En raison des températures basses et de l’altitude élevée, la carpe cuir croît à un rythme incroyablement lent. Un poisson met environ 10 ans pour atteindre un poids de 500 grammes. Mais de nos jours, il est rare de voir des poissons ayant atteint cette taille. En 1982, la pêche a été totalement interdite par le gouvernement de la province du Qinghai.

Diverses mesures ont été prises afin de protéger les espèces contre de nouvelles menaces. La reproduction artificielle constitue un espoir majeur de rétablir une population stable de carpes cuir.

En 1998, le gouvernement a fondé un centre de protection de la carpe cuir dans le Lac Qinghai. Nous nous trouvons actuellement dans l’incubateur où les poissons sont élevés jusqu’à ce qu’ils soient capables de retourner nager dans leur environnement naturel.

Bien que la carpe cuir soit résistante et puisse surmonter les températures glaciales et une altitude élevée, elle est très sensible à la moindre altération de son habitat. Un léger changement de température de l’eau peut constituer une menace à sa survie. Celle-ci dépend à présent des mesures prises par les hommes pour rectifier les changements de leur habitat. Les oeufs des carpes sont donc inséminés, élevés en bassin puis relâchés dans la nature un an plus tard.

La trajectoire des poissons est suivie pendant des kilomètres, du lac jusqu’à la rivière, et une attention particulière est accordée aux carpes les plus robustes. On observe où ces poissons adultes et robustes déposent leurs oeufs et à partir de là, on extrait des oeufs et du sperme.

Le processus d’extraction des oeufs et du sperme peut sembler un petit peu bizarre. Mais n’ayez crainte, aucun mal n’est fait aux poissons au cours de ce processus. N’utilisant rien d’autre que leurs mains, les professionnels expérimentés pressent le ventre du poisson et récupèrent la précieuse substance. Ces hommes ont suivi des formations accréditées au niveau international. Après l’extraction, les poissons sont relâchés dans la rivière.

Zhao Qi, Membre du personnel

Centre de protection de la carpe cuir du Lac Qinghai

Nous recueillons les oeufs depuis le mois de juin de cette année. Nous sommes très heureux de voir qu’il y a plus de poissons et qu’ils sont en outre plus gros que ceux recueillis l’année précédente. C’est un très bon présage pour notre Lac Qinghai.

Les oeufs sont rapidement transportés dans un site proche, où ils seront élevés dans des conditions similaires à celles de leur habitat naturel. Ils sont surveillés de très près, le personnel sur place veillant sur leur développement 24h/24. Les membres du personnel logent au-dessus et les appellent leurs « bébés poissons ». Cet incubateur fonctionne depuis 6 ans déjà.

Zhang Hong, Membre du personnel

Centre de protection de la carpe cuir du Lac Qinghai

Combien de phases différentes peut-on observer ici ?

Actuellement, il y a trois étapes. La première étape correspond à l’incubation. Elle dure environ une semaine dans une eau de 14 à 16 degrés. Une fois qu’ils ont éclos, nous les élevons dans ces bassins pendant environ deux semaines. Une fois qu’ils peuvent se débrouiller tout seuls, nous les emmenons dans les grands bassins de la ville de Xining. Une fois qu’ils ont grandi et atteint entre 7 et 10 centimètres, nous les relâchons dans le Lac Qinghai.

Lorsque les poissons atteignent l’âge d’un an, ils sont prêts pour retourner dans la rivière. En fait, un poisson d’un an élevé en incubateur est bien plus résistant qu’un poisson né dans la nature. Ils sont déposés dans de grands sacs plastiques remplis d’eau et d’oxygène avant d’être transportés dans leur nouvelle maison.

Sans ces programmes d’élevage de poissons, on ignore ce qu’il serait advenu de ces populations à l’heure actuelle. Une chose est sûre, elles ont été renforcées grâce à ces efforts, qui ont également amélioré la santé générale de l’habitat environnant. Sur un plan tout aussi important, ces initiatives ont sensibilisé la population aux répercussions de la pêche à grande échelle de la carpe cuir. Un lac sain est indispensable pour assurer la survie de l’écosystème et est tout particulièrement apprécié par les oiseaux migrateurs. Les sacs sont placés dans l’eau pendant un certain moment jusqu’à ce que la température à l’intérieur du sac soit la même que la température de la rivière. Cela permet d’éviter un choc immédiat au poisson.

Afin de rétablir la population initiale de la carpe cuir, des millions de poissons ont été élevés hors site. A présent, ils sont assez résistants pour retourner dans la nature.

Les voilà partis !

Une telle implication dans la vie de la carpe cuir a également constitué une opportunité pour entreprendre des recherches approfondies sur cette espèce. Une meilleure compréhension de ses habitudes et de sa résistance ne peut que rendre plus efficaces les efforts de protection de cette population et de l’environnement. Au cours de ces 6 années, plus de 34 millions de poissons sont retournés avec succès dans la rivière, ce qui fait une moyenne de 6 à 7 millions de poissons par an. Cependant, une fois leurs installations développées, ils espèrent pouvoir en élever et relâcher plus de 20 millions par an. Ce sont sans aucun doute de grandes attentes, mais qui sait ce que réserve l’avenir de la carpe cuir. Dans tous les cas, ils sont en bonne voie.

Aurora Carlson

Journaliste

La population de la carpe cuir a été rétablie et les oiseaux peuvent ainsi poursuivre leurs migrations annuelles. Grâce à l’augmentation du niveau de l’eau et aux efforts entrepris pour protéger l’écosystème du Lac Qinghai, ces créatures particulièrement dépendantes peuvent continuer à prospérer. Mais il faudra encore 30, 50 voire même 100 ans avant que le lac ne retrouve son état originel. Apprenez-en toujours plus sur la Chine en suivant notre émission. A la prochaine.

Source: CCTV



 
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